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14 mars 2007

Une honteuse blessure

« La tolérance ? Il y a des maisons pour cela ! »

Paul Claudel

Les mots sont suspects.

Mon ire a désigné sa cause dans la faillite de la langue. Je veux parler de cette grande langue française défendue et illustrée par les rigolos de La Pléiade, par Montaigne, Maurice Scève, Bossuet, Racine, Diderot, Montesquieu, Lamartine, Vigny, Bloy, Apollinaire, Proust, etc. Les siècles précédents ont été féconds et riches de littérature sans cesse renouvelée, imaginative, puissante et rayonnante. Au point même que, ne l’oublions pas, la langue française fut considérée pendant quelques siècles à travers l’Europe comme une langue supérieure, élégante et intarissable. Dans certaines cours, y compris dans des pays ennemis de la France, le français était la langue officieuse, parfois officielle, tout du moins une langue nécessaire à qui voulait être ou paraître un bel esprit. Rayonnante, irradiante, cette belle langue tant admirée et nourrie de latin et de grec fut celle qui engendrait une grande et majestueuse littérature. Elle devînt la langue de la diplomatie internationale : non pas innocemment mais bien parce qu’elle offre un champ inépuisable de possibilités et de nuances.

Il est effrayant aujourd’hui de constater à quel point le français évolue, je tenterais même « s’appauvrit ». Dans mon précédent billet, je parlais du respect, je tentais de le ramener à une définition précise. Mal m’en prit ! Qui fait la différence entre « respect » et « tolérance » aujourd’hui ? J’ai pu remarquer que souvent les deux allaient ensemble, comme un couple impérissable et foudroyant. Je vais tenter une interprétation toute personnelle, qui m’attirera des foudres d’injures mais tant pis, je me dois d’être intolérante concernant la défense et l’illustration de la langue française.

Orwell démontre très bien dans ce livre (ma deuxième bible) 1984 (édité en 1948 après les périodes totalitaires et sanglantes de Staline, Mussolini et Hitler !) comment la langue se pervertit et se transforme au point d’empêcher la masse de penser et de sentir : les idées s’expriment par des mots, sans les mots, vous n’avez pas d’idées ; sans idées, vous n’avez aucun moyen de réfléchir et de juger ; sans jugement, vous êtes incapables de vous révolter : vous êtes alors mûr pour vivre sans problème dans une pure dictature muselant sans l’usage de violence toutes les oppositions, toutes les révoltes : il n’y a donc aucune liberté d’expression.

Ce livre ne fut pas écrit au hasard. Orwell avait certainement lu Victor Klemperer : un universitaire linguiste allemand, âgé d’une cinquantaine d’année sous la montée du nazisme. D’origine juive, il ne peut prétendre à continuer d’enseigner (il est interdit de séjour dans les bibliothèques également) : il prend donc la décision de tenir des carnets intimes dans lesquels il note, relève, analyse, constate, dissèque tous les mots ou expressions pervertis par la propagande nazie. Les sous-fifres hitlériens manipulent la langue et les mots qui la constituent, en créent de nouveaux, afin de faciliter les esprits dans l’acception des pires horreurs : le peuple allemand ne doit pas se révolter. Cette nouvelle langue, Klemperer l’appelle la L.T.I ( la Lingua Tertii Imperii c’est-à-dire, la Langue du Troisième Reich), nouvelle langue au service de l’horrible violence nazie. Plus précisément, le fameux linguiste, fin connaisseur de la littérature française, remarque que les mots ne désignent plus ce qu’ils devraient désigner ; un mot renvoie à une autre réalité. Ainsi, le pouvoir odieux peut mieux s’infiltrer dans les esprits et manipuler à la source les idées : toute possibilité de lutte, d’insurrection est tuée dans l’œuf, le peuple est soumis. Cette idée n’était pas nouvelle puisqu’avant Hitler, Staline avait déjà eu l’idée.

Il est frappant de remarquer chez nos contemporains combien la langue semble se pervertir également. J’en ai fait la démonstration avec le mot « respect » ; il semble que le même phénomène s’instaure avec d’autres mots ressassés à longueur de journées et en particulier le mot tolérance. Ces mots nouveaux, désignant d’autres réalités qu’il ne faudrait ne relèvent pas d’une simple évolution de la langue propre à toutes les langues, je parle d’une accélération précise depuis à peine une décennie, véhiculée par la publicité en premier chef mais aussi par les politiques et surtout ces horribles media toujours disposés à vendre de la publicité. « Tolérance » désigne ce que l’on admet alors que l’on aurait le pouvoir et le droit de l’empêcher. Je ne vois donc pas pourquoi je devrais m’offusquer lorsque l’on me crache ce mot à la figure alors que j’ai quand même le droit de réfléchir et de m’opposer à une idée ou un concept ou une situation. Je n'ai absolument pas à avaler tout cru sans m'interroger n'importe quelle idiotie que l'on voudrait me faire avaler : je refuse que l'on m'empêche de penser.

Je ne sais plus qui disait que la tolérance était une charité de l’intelligence…

 

à suivre : la pauvreté de la littérature contemporaine ? 

11 mars 2007

La quérulence des saltimbanques

Nous ne parlons pas la même langue.

« Nous avons vu que ce monstrueux amas de chimères n’est pas sorti tel qu’il est de la tête des hommes; il s’est formé par degrés : l’ignorance grossière en a été la base. »

Fontenelle

J’ignorais l’autre versant du respect. Il existe –j’en ai eu la preuve hier- une infrangible dictature de la langue des pauvres qui veulent nous imposer le respect à longueur de journées. Combien de fois pouvons-nous entendre ou lire ce mot en une seule journée ? Ce mot est désincarné à force de répétitions bégayantes et dénuées d’intérêt. Cette battologie effrayante et inesthétique me pousse à l’énervement. Que peut produire un mot asséné continuellement par tous et pour tous comme des coups de marteaux sonores et sans intérêt constructif ? Nous pouvons légitimement nous interroger : le respect est-il la nouvelle religion ?

Hier soir, je n’ai pas regardé la télévision mais je l’ai entendue gerber ses inepties fatigantes avant de m’isoler définitivement au lit avec un livre généreux. Il s’agissait de fêter les « Victoires de la musique » (j’ai déjà beaucoup de mal à accepter cet étrange concept consistant à faire avaler un peu plus de Bêtise à des cerveaux disponibles, la bouche béante et baveuse.) sur une chaîne du service public : quel service rend l’Etat ? Réciter le respect comme un verset biblique ?

En une demi-heure, j’ai entendu le mot respect une bonne vingtaine de fois, chaque participant ravi d’en user et d’y mettre sa petite touche. Nous étions visiblement entre gens bien-pensant, et persuadés d’être dans la subversion bienfaitrice et pourtant mortifère. A force de vouloir nous imposer le respect, n’est-ce pas le résultat inverse qui sera obtenu : un mépris arrogant ? Le respect ressassé me semble plutôt synonyme d’admiration forcée dans la bouche de ces monstres imbéciles (ne dit-on pas forcer le respect ?). Un porte-respect est une arme qui justement tient en respect un personnage dont l’on voudrait se défendre !
 
Chacun des saltimbanques et troubadours hurlant dans le poste hier soir avait l’air de cultiver une insolente insurrection très convenue, très convenable : il est de bon ton aujourd’hui d’être un insurgé ou un résistant (notez une fois de plus la désincarnation de ce dernier mot lancé à tout-va pour signer un acte de soi-disant bravoure avec soixante-ans de retard…) Bref ! J’en étais dépitée et je déteste que l’on m’impose quoi que ce soit à part peut-être les règles fondatrices d’une urbanité distinguée et nécessaire qui m’inscrit dans l’humanité délicate. Mais au fait, le respect, qu’est-ce ?

Il y a le respect que l’on éprouve naturellement et le respect qu’un tyran impose à un soumis. Le respect synonyme d’hommages et d’égards polis que l’on présente à une personne que nous trouvons digne de considération. Dans ce cas, le respect répond à une conviction personnelle, un choix intime, une volonté libre : je suis et reste libre de juger qui ou quoi suscite mon respect. Nous abordons dans cette définition un versant du sens de respect qui est nettement plus productif et efficace : le respect est une force agissante et positive.

Il y a l’autre aspect de respect, le respect passif et obligatoire : le respect imposé, le respect de la force, le respect conformiste. Le respect serait alors une flatterie nécessaire et inévitable. N’avons-nous jamais entendu parler de ces jeunes qui brandissent du respect perpétuellement et en font un synonyme de soumission à la loi du plus fort, la loi de la jungle ? C’est ce respect que j’ai entendu hier soir et qui me révolte. Celui qui force la vénération, la révérence qui deviendrait subitement un dû. Je pourrais résumer les propos des clowns grotesques d’hier par « Respecte-moi ou crains-moi ». Le respect devrait être tout d’un coup le sentiment au monde le mieux partagé. Je n’ai pas le droit de griffer une pensée au nom du sacro-saint respect, règle religieuse à laquelle je dois me plier sans réfléchir. Je m’émancipe.

Je choisis alors l’irrespect.

08 mars 2007

Paraclet jouissif

Verbigération perpétuelle vs poésie lyrique

Antonin Artaud ne trouvant plus dans la langue les mots pouvant exprimer son état en inventa d’autres souvent proches de l’onomatopée obscure. Dans ces glossolalies transperce le cri d’un homme fragmenté. A chaque cri répond une particule de son corps. Ce personnage étrange au langage amaurotique m’a fascinée entre 16 et 17 ans : j’avais toujours dans ma poche ce recueil L’ombilic des limbes suivi du Pèse-nerfs (Gallimard, Poésie, nrf) que je connaissais presque par cœur. La lecture de Van Gogh suicidé de la société me déchira, son Héliogabale tout autant. Je sentais comme un prolongement de sa pensée en mon être. Dans le malaise adolescent, j’avais trouvé en Artaud la formulation de mes émotions, de mes pensées : je m’identifiais à tel point que j’étais capable de réciter des pages entières sur feuille pendant les longues heures de cours de sciences en Terminale. La découverte d’Artaud me poussa à mener l’enquête sur les Surréalistes, sur Breton (je voulais savoir pourquoi Breton et Artaud s’étaient brouillés), sur Aragon, Desnos et toute la clique… Ce fut une période bouillonnante de recherches pointues, de lectures effrénées, d’interrogations palpitantes. Je dévorais tous les articles, tous les livres qui citaient de près ou de loin le nom d’Artaud.

Aujourd’hui, ma culture littéraire est un peu plus élargie (mais reste très modeste) et me permet de frotter son œuvre à d’autres productions. Je suis déçue, cette passion adolescente pour Artaud et sa poésie s’est évaporée. Seuls me restent en mémoire certains de ses textes, certains passages. Je suis incapable aujourd’hui d’écouter « Pour en finir avec le jugement de Dieu » sans repousser loin de moi l’appareil électrique de reproduction sonore ( !). Et mine de rien, c’est une grande partie de l’œuvre surréaliste qui me dégoûte aujourd’hui. (J’utilise bien le verbe « dégoûter » !).

Le seul écrivain qui me reste, un descendant perdu sans doute mais original, c’est Olivier Larronde, une sorte de fils spirituel de Jean Cocteau. (J’avais lu son nom quelque part dans une biographie de Cocteau).
Ce grand garçon, poète, mort jeune, un Rimbaud fulgurant, manipulait une langue classique, pure et nette : un phénomène déroutant dans les années 50/60 qui n’avait rien à voir avec toute la poésie que j’avais pu lire avant (peut-être Maurice Scève…).

Rien voilà l’ordre, anagramme de son nom, est un recueil de poèmes éparpillés paru à titre posthume en 1984. Ce jeune homme eut une vie incroyable. Il osa à 17 ans harceler Jean Cocteau pendant des mois afin qu’il donne son avis sur les poèmes du jeune Olivier. Jean Cocteau intrigué et sans doute lassé finit par céder. Une véritable chance que l’audace de cet adolescent car Cocteau fut ébloui et décida d’aider Olivier Larronde à la publication de son premier recueil Les Barricades Mystérieuses en 1946 chez Gallimard. Dans le sillage de Cocteau, Larronde va rencontrer de nombreux personnages littéraires importants de l’époque dont Barbezat, patron de la maison d’édition Arbalète qui deviendra un ami très proche et lui fera rencontrer Jean Genet avec lequel il nouera une profonde amitié.

Né en 1927 et mort en 1965, Larronde fut capable d’écrire des vers magnifiques : « Je voudrais faire l’amour à la mer comme un fleuve » ou encore « Ton silence est un cristal je le brise » et aussi « Je suis plein de papier dans ma cage de verre./ Les oiseaux ont des gants vides, ce sont les miens. ». Très lyrique, il pouvait aussi s’amuser : « A rat qui rit/ Souris qui pleure ».
 
Lisons et relisons Olivier Larronde.

07 mars 2007

Vêpres abouliques

Mes imperfections

Je lutte contre une inquisition bien-pensante qui craint encore pour l’humanité dans une grande volonté bienveillante : l’homosexualité est un problème, elle n’engendre pas, c’est l’anormalité. Cette Terre sur laquelle il y a bien trop de monde (population multipliée par six en un siècle !), nous devrions nous réjouir pour elle de l’homosexualité stérile qui préserve d’un avenir incertain des enfants innocents.

Il y a encore peu de temps être homosexuel (notez bien la composition du mot : homo : semblable et sexuel : le sexe est sale !) c’était être bon pour la camisole en hôpital psychiatrique. Comme si les homos ne passaient leur temps qu’à penser au sexe : c’est débile et je préfère encore le mot inverti, bien plus joli, vieilli, rare et très proustien, délicieusement.

L’autre imperfection détestable est la cigarette : « je fume au nez des dieux, de fines cigarettes ». Vous imaginez le profond désespoir qui m’envahit ce 1er février 2007 : obligée d’aller sur le trottoir pour céder à la tentation savoureuse : j’étais si bien dans ma salle de prof fumeur ! Il est très mauvais genre de fumer en général, bien plus pour une femme, en particulier. Je n'ai pas envie de vivre dans un monde aseptisé : je hais.

 Au nombre de mes faiblesses, j’oublie la plus importante, la meilleure : ma solitude et ce goût frénétique pour le silence...

06 mars 2007

Contemporaine oaristys

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Que choisir ? 

20 février 2007

Le règne de la gravéolence

La prof a craqué

J’ai très souvent entendu parler du « sacerdoce » du métier d’enseignant : le dévouement que ce « ministère » exige en est la raison. Ajourd’hui, j’ai craqué, j’ai pleuré. Le temps est long et les enfants sont survoltés. Deux élèves, auxquels j’avais rendu leurs copies (un zéro et un un sur vingt !), ont décidé de me le faire payer. Prévoyant la dernière heure de la journée plus détendue, je pensais relâcher un peu la pression et faire des exercices de vocabulaire sur l’étymologie latine, les suffixes et les préfixes. Le cours réclamant moins d’attention de la part des élèves, je tolérais un vague fond sonore de chuchotements et de rires, le provoquant parfois moi-même… Ces deux-là n’ont jamais travaillé, ne réfléchissent pas et s’agitent à la moindre perturbation. L’un des deux, retourné, discutant, jouant avec des ciseaux, et prévenu plusieurs fois, se mit à faire trop de bruit. Je lui demande donc de bien vouloir sortir cinq minutes dans le couloir. Il sort, vexé. Deux minutes après, je le fais rentrer. Il se tient correctement cinq minutes puis recommence à bavarder bruyamment et à lancer une règle en métal qui résonne et m’interrompt. Je m’agace et lui prends son carnet, mets un mot et le punis : il faut recopier vingt fois le chapitre sur le comportement du règlement intérieur. Là, il marmonne dans sa barbe, je fais semblant de ne pas entendre, il traîne dans l’allée, met un temps fou à sortir. Je commence à bouillir, je vais vers lui et lui demande avec fermeté de se presser. Il part en claquant la porte et en hurlant un « fait chier » insolent. Je passe et je continue le cours.
Le second, qui est son copain, à l’autre extrémité de la classe, se tient comme un veau, la tête posée dans sa main, la moitié du tronc sur son bureau ; visiblement, sa sale note et sa position ne l’empêchent pas de parler avec ses camarades. Je m’agace, lui demande de se tenir correctement et de cesser de parler. Il fait mine de se redresser et se tait cinq minutes. Le temps de noter au tableau quelques mots, je l’entends bouger sa chaise. Je me retourne : il était debout sur sa chaise en train de faire rire ses petits copains. Le même film se reproduit : carnet de liaison, mot, punition et il sort. Péniblement, la sonnerie salvatrice résonne, et les deux zouaves rentrent. Le premier me montre sa punition, m’explique qu’il n’a pu recopier que sept fois le chapitre, je lui demande de terminer cette punition pour vendredi, que c’est la moindre des choses, qu’il faut savoir se tenir convenablement en classe, qu’il faut respecter les adultes et en particulier le professeur, etc. Il se vexe, m’arrache sa feuille des mains et la froisse pour la jeter sous mes yeux à la poubelle. Je ne veux pas me démonter et lui réplique qu’il faudra donc tout recommencer pour vendredi, que c’est dommage. « J’m’en fous, je ne le ferai pas. J’en ai marre… » Je fais l’erreur de relever cette phrase malheureuse qui aurait dû rester sans réponse et lui crie que je demanderai deux heures de colle : « donnez-moi votre carnet de liaison ! ». Trop tard, il prend son sac et s’en va, la foule des élèves m’empêche de passer. Il hurle : « vivement vendredi !».
Je n’oublie pas le second et veux voir sa punition. Il prend son air le plus débile possible et m’interroge : il ne savait pas qu’il devait faire une punition, il était resté dans le couloir, il n’est pas allé au bureau de la C.P.E faire sa punition, blablabla… Je demande donc de faire sa punition pour vendredi. Et là, il me regarde, demande pourquoi et crie à l’injustice et répète en criant : « je n’ai rien fait, je n’ai rien fait, je n’ai rien fait… ». Je le questionne pour savoir s’il se sent bien et me regarde avec un sourire narquois d’une insolence éhontée, à tel point que j’ai senti pour la première fois de ma courte carrière une impression physique très étrange. J’avais envie de le frapper. Je me voyais en train de lui taper la tête contre son bureau. Et pendant que j’imaginais cela, il continuait ses petits sourires narquois… Je capitule, j’arrache son carnet et je sors pour aller en salle des profs.

Je prends une chaise sur laquelle je m’écroule et je fonds en larmes.  C’est la première fois que je pleure, la première fois que ce métier me fait pleurer.
Je parle à une sympathique prof de français qui me soutient et me réconforte : je suis certainement fatiguée, je ne suis donc plus capable de prendre le recul nécessaire, j’ai besoin de repos... Je me calme et décide de rentrer.
 
En attendant le train sur le quai, un élève de cette classe, un troisième larron, foireux et mesquin, vient sur le quai d’en face me provoquer en faisant de larges sourires et me faire des petits signes de la main. Je soutiens son regard...
 
Vivement vendredi, 16h30.