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11 juillet 2007

Soleil noir

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Baudelaire a toujours été une lecture rassurante pour moi.

12:05 Publié dans Parabases | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Littérature

18 mars 2007

Détails

La politique et la poésie (II)
 
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La pensée de Maistre, Rivarol et Louis de Bonald ont influencé la vision de l’histoire de Michelet, Augustin Thierry, Guizot, Gobineau, Maurras, Lamennais, (Lamartine) mais qu’en est-il de la pensée sociale et de l’héritage des Lumières ?

A la fin du XVIIIème, Condorcet, dans l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain est convaincu que le progrès de la science aboutit au bonheur de l’esprit : une belle utopie. Sébastien Mercier, lui, publie le premier roman d’anticipation français, L’An 2440, qui prend un caractère prophétique également.

Dans le domaine scientifique, Auguste Comte en 1830 et Frédéric Le Play en 1855 jettent les bases de la sociologie et des sciences sociales en général sans se priver de jouer les prophètes au passage. Les sciences deviennent les religions de l’avenir : il s’agit d’éduquer la masse d’ouvriers et la libérer du sentiment religieux catholique. Ces philanthropes, souvent socialistes, laïcs, utopistes, communistes prétendent transformer les mentalités et viser la dictature du prolétariat afin de faire de la solidarité sociale la nouvelle religion. C’est Leroux en 1840 avec De l’humanité, son principe, son avenir, c’est Villermé la même année avec Tableau physique et moral des ouvriers, c’est Proudhon en 1851 avec L’Idée générale de révolution au XIXème siècle et Marx-Engels avec Le Manifeste du Parti communiste en 1848 : la pensée « humanitaire » et idéaliste se répand.

C’est une époque étrange de l’histoire littéraire du siècle : Fourier en 1835 fait paraître La Fausse Industrie, dans lequel il affirme que la morale se libère dans l’assouvissement des passions et critique allègrement ce qu’il pense être fausses et contre-morales régissant la société : il invente la morisophie (science des mœurs). En littérature, les Romantiques ne sont pas spécialement des acharnés de la défense du peuple, ce qui rend donc possible la naissance du roman social et des romans « populistes » entre 1840 et 1870 avec Hector Malot, Sand, Féval et Vallès. Ce mélange de sciences et de pensées sociales nourriront Zola.

Toutefois, à la fin d’un XIXème foisonnant, se croisent plusieurs courants réactionnaires.
Edouard Schuré en 1889 dans son ouvrage Les Grands Initiés critique la Science et prône le retour au règne de l’Esprit : cette forme de « réaction » est plutôt philosophique.
Bloy, électron libre, réactionnaire catholique, incarne la pensée religieuse et critique le Bourgeois et la pensée agnostique et l’athéisme répandus comme une traînée de poudre dans la population. Il se développe également un courant réactionnaire régionaliste comme par exemple le Félibrige, en Provence, de Frédéric Mistral : en effet, le patrimoine culturel et identitaire de certaines régions se trouve menacé par l’avancée uniformisante d’un pays aux pouvoirs centralisés. Enfin, il naît une contre-révolution, réaction nationaliste soutenue par Maurras et alimentée par un groupe très actif et noyau dur de l’Action Française.
 
Lisons Maurras : « Le nationalisme réagit contre l’égoïsme du vieux parti républicain, en même temps qu’il réagit contre l’indifférence de ce parti aux grands intérêts nationaux. Un nationaliste conscient de son rôle admet pour règle de méthode qu’un bon citoyen subordonne ses sentiments, ses intérêts et ses systèmes au bien de la patrie. Il sait que la patrie est la dernière condition de son bien-être et du bien-être de ses concitoyens. Tout avantage personnel qui se solde par une perte pour la patrie lui paraît un avantage trompeur et faux. Et tout problème politique qui n’est point résolu par rapport aux intérêts généraux de la patrie lui semble un problème incomplètement résolu. Le nationalisme impose donc aux questions diverses qui sont agitées devant lui un commmun dénominateur, qui n’est autre que l’intérêt de la nation. Comme pour ce Romain dont parlait Bossuet, l’amour de la patrie passe en lui toute chose. »
 
Maurras sympathisera dans les années trente avec un régime fasciste !
 
…/… à suivre.

16 mars 2007

L'ampoule poétique de la Réaction

La politique et la poésie (I)

Il n’est pas grossier d’associer ces deux concepts : certains poètes expriment leurs idées dans leurs écrits : de Staël, Baudelaire, de Musset, Hugo, Flaubert, Tardieu, etc.
J’imagine que des thèses ont dû être écrites sur le sujet : rappelons-nous que le dix-neuvième siècle est le siècle de grands bouleversements politiques, la nation française se cherche après la Révolution, la Terreur et l’Empire. Les révolutions industrielles et la condition des ouvriers vont enfanter le socialisme et toutes sortes d’idées « humanitaires ». C’est aussi le siècle des Réactionnaires, des Royalistes, des Ultras, des anarchistes, des Légitimistes, etc., un siècle d’instabilités politique et sociale…

Les écrivains observent, et parmi eux des poètes, et si tous portent un regard critique sur le monde de leurs contemporains, certains n’hésitent pas à l’exprimer dans certains de leurs textes. L’influence de Louis de Bonald et de Joseph de Maistre —voire de Chateaubriand— n’est pas absente de l’œuvre baudelairienne.
Alfred de Musset publie en 1850 Poésies nouvelles : le poème intitulé « Dupont et Durand », à l’intérieur duquel il moque deux écrivaillons animés de grands sentiments pour le bien de l’humanité, est un texte extrêmement satirique et terriblement actuel (Musset était-il un voyant ?). Voici un passage : Dupont dit à Durand :


« L’univers, mon ami, sera bouleversé,
On ne verra plus rien qui ressemble au passé ;
Les riches seront gueux et les nobles infâmes ;
Nos maux seront des biens, les hommes seront femmes,
Et les femmes seront tout ce qu’elles voudront.
Les plus vieux ennemis se réconcilieront,
Le Russe avec le Turc, l’Anglais avec la France,
La foi religieuse avec l’indifférence,
Et le drame moderne avec le sens commun.
De rois, de députés, de ministres, pas un
De magistrats, néant ; de lois, pas davantage.
J’abolis la famille et romps le mariage ;
Voilà. Quant aux enfants, en feront qui pourront.
Ceux qui voudront trouver leurs pères chercheront.
Du reste, on ne verra, mon cher, dans les campagnes,
Ni forêts, ni clochers, ni vallons, ni montagnes
Chansons que tout cela ! Nous les supprimerons,
Nous les démolirons, comblerons, brûlerons.
Ce ne seront partout que houilles et bitumes,
Trottoirs, masures, champs plantés de bons légumes,
Carottes, fèves, pois, et qui veut peut jeûner,
Mais nul n’aura du moins le droit de bien dîner.
Sur deux rayons de fer un chemin magnifique
De Paris à Pékin ceindra ma république.
Là, cent peuples divers, confondant leur jargon,
Feront une Babel d’un colossal wagon.
Là, de sa roue en feu le coche humanitaire
Usera jusqu’aux os les muscles de la terre.
Du haut de ce vaisseau les hommes stupéfaits
Ne verront qu’une mer de choux et de navets.
Le monde sera propre et net comme une écuelle ;
L’humanitairerie en fera sa gamelle,
Et le globe rasé, sans barbe ni cheveux,
Comme un grand potiron roulera dans les cieux.
Quel projet, mon ami ! quelle chose admirable !
A d’aussi vastes plans rien est-il comparable ?
Je les avais écrits dans mes moments perdus.
Croirais-tu bien, Durand, qu’on ne les a pas lus ?
Que veux-tu ! notre siècle est sans yeux, sans oreilles
Offrez-lui des trésors, montrez-lui des merveilles
Pour aller à la Bourse, il vous tourne le dos.
Ceux-là nous font des lois, et ceux-ci des canaux ;
On aime le plaisir,l’argent, la bonne chère ;
On voit des fainéants qui labourent la terre ;
L’homme de notre temps ne veut pas s’éclairer,
Et j’ai perdu l’espoir de le régénérer.
»

 .../... à suivre ce soir ou demain.

14 mars 2007

Une honteuse blessure

« La tolérance ? Il y a des maisons pour cela ! »

Paul Claudel

Les mots sont suspects.

Mon ire a désigné sa cause dans la faillite de la langue. Je veux parler de cette grande langue française défendue et illustrée par les rigolos de La Pléiade, par Montaigne, Maurice Scève, Bossuet, Racine, Diderot, Montesquieu, Lamartine, Vigny, Bloy, Apollinaire, Proust, etc. Les siècles précédents ont été féconds et riches de littérature sans cesse renouvelée, imaginative, puissante et rayonnante. Au point même que, ne l’oublions pas, la langue française fut considérée pendant quelques siècles à travers l’Europe comme une langue supérieure, élégante et intarissable. Dans certaines cours, y compris dans des pays ennemis de la France, le français était la langue officieuse, parfois officielle, tout du moins une langue nécessaire à qui voulait être ou paraître un bel esprit. Rayonnante, irradiante, cette belle langue tant admirée et nourrie de latin et de grec fut celle qui engendrait une grande et majestueuse littérature. Elle devînt la langue de la diplomatie internationale : non pas innocemment mais bien parce qu’elle offre un champ inépuisable de possibilités et de nuances.

Il est effrayant aujourd’hui de constater à quel point le français évolue, je tenterais même « s’appauvrit ». Dans mon précédent billet, je parlais du respect, je tentais de le ramener à une définition précise. Mal m’en prit ! Qui fait la différence entre « respect » et « tolérance » aujourd’hui ? J’ai pu remarquer que souvent les deux allaient ensemble, comme un couple impérissable et foudroyant. Je vais tenter une interprétation toute personnelle, qui m’attirera des foudres d’injures mais tant pis, je me dois d’être intolérante concernant la défense et l’illustration de la langue française.

Orwell démontre très bien dans ce livre (ma deuxième bible) 1984 (édité en 1948 après les périodes totalitaires et sanglantes de Staline, Mussolini et Hitler !) comment la langue se pervertit et se transforme au point d’empêcher la masse de penser et de sentir : les idées s’expriment par des mots, sans les mots, vous n’avez pas d’idées ; sans idées, vous n’avez aucun moyen de réfléchir et de juger ; sans jugement, vous êtes incapables de vous révolter : vous êtes alors mûr pour vivre sans problème dans une pure dictature muselant sans l’usage de violence toutes les oppositions, toutes les révoltes : il n’y a donc aucune liberté d’expression.

Ce livre ne fut pas écrit au hasard. Orwell avait certainement lu Victor Klemperer : un universitaire linguiste allemand, âgé d’une cinquantaine d’année sous la montée du nazisme. D’origine juive, il ne peut prétendre à continuer d’enseigner (il est interdit de séjour dans les bibliothèques également) : il prend donc la décision de tenir des carnets intimes dans lesquels il note, relève, analyse, constate, dissèque tous les mots ou expressions pervertis par la propagande nazie. Les sous-fifres hitlériens manipulent la langue et les mots qui la constituent, en créent de nouveaux, afin de faciliter les esprits dans l’acception des pires horreurs : le peuple allemand ne doit pas se révolter. Cette nouvelle langue, Klemperer l’appelle la L.T.I ( la Lingua Tertii Imperii c’est-à-dire, la Langue du Troisième Reich), nouvelle langue au service de l’horrible violence nazie. Plus précisément, le fameux linguiste, fin connaisseur de la littérature française, remarque que les mots ne désignent plus ce qu’ils devraient désigner ; un mot renvoie à une autre réalité. Ainsi, le pouvoir odieux peut mieux s’infiltrer dans les esprits et manipuler à la source les idées : toute possibilité de lutte, d’insurrection est tuée dans l’œuf, le peuple est soumis. Cette idée n’était pas nouvelle puisqu’avant Hitler, Staline avait déjà eu l’idée.

Il est frappant de remarquer chez nos contemporains combien la langue semble se pervertir également. J’en ai fait la démonstration avec le mot « respect » ; il semble que le même phénomène s’instaure avec d’autres mots ressassés à longueur de journées et en particulier le mot tolérance. Ces mots nouveaux, désignant d’autres réalités qu’il ne faudrait ne relèvent pas d’une simple évolution de la langue propre à toutes les langues, je parle d’une accélération précise depuis à peine une décennie, véhiculée par la publicité en premier chef mais aussi par les politiques et surtout ces horribles media toujours disposés à vendre de la publicité. « Tolérance » désigne ce que l’on admet alors que l’on aurait le pouvoir et le droit de l’empêcher. Je ne vois donc pas pourquoi je devrais m’offusquer lorsque l’on me crache ce mot à la figure alors que j’ai quand même le droit de réfléchir et de m’opposer à une idée ou un concept ou une situation. Je n'ai absolument pas à avaler tout cru sans m'interroger n'importe quelle idiotie que l'on voudrait me faire avaler : je refuse que l'on m'empêche de penser.

Je ne sais plus qui disait que la tolérance était une charité de l’intelligence…

 

à suivre : la pauvreté de la littérature contemporaine ? 

08 mars 2007

Paraclet jouissif

Verbigération perpétuelle vs poésie lyrique

Antonin Artaud ne trouvant plus dans la langue les mots pouvant exprimer son état en inventa d’autres souvent proches de l’onomatopée obscure. Dans ces glossolalies transperce le cri d’un homme fragmenté. A chaque cri répond une particule de son corps. Ce personnage étrange au langage amaurotique m’a fascinée entre 16 et 17 ans : j’avais toujours dans ma poche ce recueil L’ombilic des limbes suivi du Pèse-nerfs (Gallimard, Poésie, nrf) que je connaissais presque par cœur. La lecture de Van Gogh suicidé de la société me déchira, son Héliogabale tout autant. Je sentais comme un prolongement de sa pensée en mon être. Dans le malaise adolescent, j’avais trouvé en Artaud la formulation de mes émotions, de mes pensées : je m’identifiais à tel point que j’étais capable de réciter des pages entières sur feuille pendant les longues heures de cours de sciences en Terminale. La découverte d’Artaud me poussa à mener l’enquête sur les Surréalistes, sur Breton (je voulais savoir pourquoi Breton et Artaud s’étaient brouillés), sur Aragon, Desnos et toute la clique… Ce fut une période bouillonnante de recherches pointues, de lectures effrénées, d’interrogations palpitantes. Je dévorais tous les articles, tous les livres qui citaient de près ou de loin le nom d’Artaud.

Aujourd’hui, ma culture littéraire est un peu plus élargie (mais reste très modeste) et me permet de frotter son œuvre à d’autres productions. Je suis déçue, cette passion adolescente pour Artaud et sa poésie s’est évaporée. Seuls me restent en mémoire certains de ses textes, certains passages. Je suis incapable aujourd’hui d’écouter « Pour en finir avec le jugement de Dieu » sans repousser loin de moi l’appareil électrique de reproduction sonore ( !). Et mine de rien, c’est une grande partie de l’œuvre surréaliste qui me dégoûte aujourd’hui. (J’utilise bien le verbe « dégoûter » !).

Le seul écrivain qui me reste, un descendant perdu sans doute mais original, c’est Olivier Larronde, une sorte de fils spirituel de Jean Cocteau. (J’avais lu son nom quelque part dans une biographie de Cocteau).
Ce grand garçon, poète, mort jeune, un Rimbaud fulgurant, manipulait une langue classique, pure et nette : un phénomène déroutant dans les années 50/60 qui n’avait rien à voir avec toute la poésie que j’avais pu lire avant (peut-être Maurice Scève…).

Rien voilà l’ordre, anagramme de son nom, est un recueil de poèmes éparpillés paru à titre posthume en 1984. Ce jeune homme eut une vie incroyable. Il osa à 17 ans harceler Jean Cocteau pendant des mois afin qu’il donne son avis sur les poèmes du jeune Olivier. Jean Cocteau intrigué et sans doute lassé finit par céder. Une véritable chance que l’audace de cet adolescent car Cocteau fut ébloui et décida d’aider Olivier Larronde à la publication de son premier recueil Les Barricades Mystérieuses en 1946 chez Gallimard. Dans le sillage de Cocteau, Larronde va rencontrer de nombreux personnages littéraires importants de l’époque dont Barbezat, patron de la maison d’édition Arbalète qui deviendra un ami très proche et lui fera rencontrer Jean Genet avec lequel il nouera une profonde amitié.

Né en 1927 et mort en 1965, Larronde fut capable d’écrire des vers magnifiques : « Je voudrais faire l’amour à la mer comme un fleuve » ou encore « Ton silence est un cristal je le brise » et aussi « Je suis plein de papier dans ma cage de verre./ Les oiseaux ont des gants vides, ce sont les miens. ». Très lyrique, il pouvait aussi s’amuser : « A rat qui rit/ Souris qui pleure ».
 
Lisons et relisons Olivier Larronde.

07 mars 2007

Vêpres abouliques

Mes imperfections

Je lutte contre une inquisition bien-pensante qui craint encore pour l’humanité dans une grande volonté bienveillante : l’homosexualité est un problème, elle n’engendre pas, c’est l’anormalité. Cette Terre sur laquelle il y a bien trop de monde (population multipliée par six en un siècle !), nous devrions nous réjouir pour elle de l’homosexualité stérile qui préserve d’un avenir incertain des enfants innocents.

Il y a encore peu de temps être homosexuel (notez bien la composition du mot : homo : semblable et sexuel : le sexe est sale !) c’était être bon pour la camisole en hôpital psychiatrique. Comme si les homos ne passaient leur temps qu’à penser au sexe : c’est débile et je préfère encore le mot inverti, bien plus joli, vieilli, rare et très proustien, délicieusement.

L’autre imperfection détestable est la cigarette : « je fume au nez des dieux, de fines cigarettes ». Vous imaginez le profond désespoir qui m’envahit ce 1er février 2007 : obligée d’aller sur le trottoir pour céder à la tentation savoureuse : j’étais si bien dans ma salle de prof fumeur ! Il est très mauvais genre de fumer en général, bien plus pour une femme, en particulier. Je n'ai pas envie de vivre dans un monde aseptisé : je hais.

 Au nombre de mes faiblesses, j’oublie la plus importante, la meilleure : ma solitude et ce goût frénétique pour le silence...

06 mars 2007

Contemporaine oaristys

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Que choisir ? 

02 mars 2007

Le chapelet de la déliquescence

Fui, non sum, non curo.

Le plaisir avant toute chose.

Je distingue deux sortes de plaisirs : le plaisir enthousiasmant du travail, de la bonne société, et le plaisir funeste de la culture du  « moi-je » et du « tout est permis ».
A l’école, il faut favoriser l’expression personnelle de chaque élève et lui permettre de s’affirmer ; en contrepartie il sera judicieux de ne pas trop user des punitions et encore moins d’essayer d’appeler le spectre d’une quelconconque forme d’autorité.
Le plaisir est une culture, la seule qui intéresse les foules, le nouvel horizon indépassable véhiculé et prôné par l’école, au détriment de la connaissance et du savoir. Les marchands de plaisir ne manquent pas. La maison le démontre.

L’enfant se lève, il pleure, il gémit, il exige et est très soigneusement installé dans le canapé, entre un oreiller et une couette. La télévision s’allume immédiatement et vomit déjà ses images horribles et son bruit heurtant qui violent ma paix et mettent un terme à toute volonté de politesse. Deux minutes plus tard, l’enfant allongé est servi d’un petit déjeuner, à base de céréales ultra sucrées dont la publicité martèle ses bienfaits aux heures des dessins animés monstrueux pour enfants décapités. Ce premier et modeste repas de la journée doit être goûté, apprécié et à bonne température. Si maladroitement vous ne satisfaites pas les goûts de l’enfant, le crime est commis et les pleurs commencent : la journée commence mal. Plus tard, une fois que l’enfant est resté suffisamment longtemps devant l’écran géant, il referme la bouche et semble donner un signe de vie : il pousse un cri ou se lève. Je tente une question qui me vaut une volée de gémissements désagréables irritant ma maigre patience : je contiens l’énervement. La mère arrive et me demande de m’écarter : l’enfant obtient très bien ce qu’il voulait. L’enfant ne veut pas aller au bain, il préfère s’amuser : « d’accord, mais cinq minutes ! » : j’enrage !

Une heure après, je lance un « Au bain ! » stérile : l’enfant ne veut pas, je m’énerve, je l’attrape, les cris et les pleurs doublent de volume ! La mère arrive de nouveau et m’accuse de « violence » : l’enfant comédien a mal au bras !
Si l’enfant veut bien sortir du bain et s’habiller sans histoire, il se montre et exprime son envie de voir un dessin animé… Tentons de le rendre intelligent : « prends des crayons, des feuilles et tes mains et dessine ! ». Inutile : cela ennuie l’enfant qui préfère jouer à se maquiller, se coiffer et trouve ennuyeux de dessiner. La mère arrive : qu’ai-je fait ? il ne faut pas contraindre un enfant, il ne faut pas le traumatiser.

Cette mère d’enfant unique prétend qu’un enfant ne doit jamais s’ennuyer.

Je m’incline, je cède, je pars : cet enfant n’est pas le mien et aucun rapport d’autorité ne peut légitimement s’installer et l’autorité est un mot horrible ! On me dit fasciste.

Et cette culture morbide du plaisir égoïste commence déjà dans la famille, dès l’enfance.

Le chapelet de la déliquescence

Fui, non sum, non curo.

Le plaisir avant toute chose.

Je distingue deux sortes de plaisirs : le plaisir enthousiasmant du travail, de la bonne société, et le plaisir funeste de la culture du  « moi-je » et du « tout est permis ».
A l’école, il faut favoriser l’expression personnelle de chaque élève et lui permettre de s’affirmer ; en contrepartie il sera judicieux de ne pas trop user des punitions et encore moins d’essayer d’appeler le spectre d’une quelconconque forme d’autorité.
Le plaisir est une culture, la seule qui intéresse les foules, le nouvel horizon indépassable véhiculé et prôné par l’école, au détriment de la connaissance et du savoir. Les marchands de plaisir ne manquent pas. La maison le démontre.

L’enfant se lève, il pleure, il gémit, il exige et est très soigneusement installé dans le canapé, entre un oreiller et une couette. La télévision s’allume immédiatement et vomit déjà ses images horribles et son bruit heurtant qui violent ma paix et mettent un terme à toute volonté de politesse. Deux minutes plus tard, l’enfant allongé est servi d’un petit déjeuner, à base de céréales ultra sucrées dont la publicité martèle ses bienfaits aux heures des dessins animés monstrueux pour enfants décapités. Ce premier et modeste repas de la journée doit être goûté, apprécié et à bonne température. Si maladroitement vous ne satisfaites pas les goûts de l’enfant, le crime est commis et les pleurs commencent : la journée commence mal. Plus tard, une fois que l’enfant est resté suffisamment longtemps devant l’écran géant, il referme la bouche et semble donner un signe de vie : il pousse un cri ou se lève. Je tente une question qui me vaut une volée de gémissements désagréables irritant ma maigre patience : je contiens l’énervement. La mère arrive et me demande de m’écarter : l’enfant obtient très bien ce qu’il voulait. L’enfant ne veut pas aller au bain, il préfère s’amuser : « d’accord, mais cinq minutes ! » : j’enrage !

Une heure après, je lance un « Au bain ! » stérile : l’enfant ne veut pas, je m’énerve, je l’attrape, les cris et les pleurs doublent de volume ! La mère arrive de nouveau et m’accuse de « violence » : l’enfant comédien a mal au bras !
Si l’enfant veut bien sortir du bain et s’habiller sans histoire, il se montre et exprime son envie de voir un dessin animé… Tentons de le rendre intelligent : « prends des crayons, des feuilles et tes mains et dessine ! ». Inutile : cela ennuie l’enfant qui préfère jouer à se maquiller, se coiffer et trouve ennuyeux de dessiner. La mère arrive : qu’ai-je fait ? il ne faut pas contraindre un enfant, il ne faut pas le traumatiser.

Cette mère d’enfant unique prétend qu’un enfant ne doit jamais s’ennuyer.

Je m’incline, je cède, je pars : cet enfant n’est pas le mien et aucun rapport d’autorité ne peut légitimement s’installer et l’autorité est un mot horrible ! On me dit fasciste.

Et cette culture morbide du plaisir égoïste commence déjà dans la famille, dès l’enfance.

22 février 2007

Prof de français

Livraison fervide
 
« Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. » (Beaumarchais). Et ce n’est pas tout encore. Il y a tant de choix, de décisions à prendre, difficiles toujours. Si j’écris là, c’est afin de me reposer de mes sentiments et de mes émotions. Jusqu’à l’année dernière j’utilisais encore des petits agenda avec une page par jour (c’est un excellent exercice : peu importe l’intensité de la journée, le nombre de lignes est limité.) J’en ai une pile poussérieuse que je ne déplace jamais : j’attends.
Je m’aperçois que la décision d’enseigner est venue tard ; je voulais devenir « artiste » ou « médecin » (la tendance familiale). Mon grand-père, peu avant de mourir, me conseillait fortement de devenir institutrice comme l’une de mes tantes et ma grand-tante. Je me souviens parfaitement de ma réaction à cet instant : un haussement d’épaules intérieur : jamais de la vie et pour rien au monde j’exercerai un métier pareil.
Et puis à la fac (je ne voulais pas faire prépa : mon côté un peu fainéant ne me disposant pas à la masse de travail exigée dans ces classes), je me suis vite aperçue que les Lettres Classiques n’offrent pas de vastes horizons. La lumière me guidait vers l’édition, la publicité ou la pige. J’ai tenté les trois mondes et j’ai détesté la faune désepérée et intrigante qu’on  y rencontre. Je n’ai guère le goût des contraintes et encore moins celui des muselières.
J’avais besoin de ces courtes expériences ataxiques après toutes les interrogations désordonnées qui m’ont hantée. Naturellement, je me suis retournée vers les uniques connaissances que je savais à peu près maîtriser: la lecture solitaire et la grammaire parfois inattendue mais toujours géniale. J’ai eu envie de partager, de transmettre ma passion, mon émerveillement, et toutes les émotions que j’eus à chaque nouvelle découverte ! On se souvient toujours d’un ou d’une professeur qui a su nous inoculer l’intérêt, nous transfuser l’envie d’approfondir un sujet et la curiosité pour tel ou tel domaine de connaissances. J’avais l’impression d’avoir fait « mes humanités » et qu’à présent, en retour, je devais en transmettre avec la meilleure ardeur toutes les ressources, ou plutôt le plus grand nombre possible. Répandre l'instruction comme une semence bénéfique.
 
La première fois que je suis entrée dans une salle de classe avec les trente monstres derrière moi qui frétillaient et murmuraient dans mon dos, j’étais malade, littéralement. Je fis l’appel en tremblant : j’étais impressionnée. Il fallut commencer le cours (un remplacement de congé maternité), j’avais le cerveau vidé : le néant cosmique. Et puis, de l’estrade, je les ai regardés, j’ai vu leurs regards, leur attente, j’ai compris ce que je devais faire, j’ai respiré un grand coup et j’ai foncé. Tout est venu très naturellement. J’avais raffolé de ces deux heures de cours, dévoré leurs questions, je me complaisais dans les explications, les éclaircissements et les digressions. J'ai depuis l'amour de la préparation des cours, des lectures, du suivi des élèves, de l'enrichissement permanent qu'offre ce métier.

Il n’y a plus que cela qui m’intéresse aujourd’hui. Je veux enseigner… le plus longtemps possible.

20 février 2007

Le règne de la gravéolence

La prof a craqué

J’ai très souvent entendu parler du « sacerdoce » du métier d’enseignant : le dévouement que ce « ministère » exige en est la raison. Ajourd’hui, j’ai craqué, j’ai pleuré. Le temps est long et les enfants sont survoltés. Deux élèves, auxquels j’avais rendu leurs copies (un zéro et un un sur vingt !), ont décidé de me le faire payer. Prévoyant la dernière heure de la journée plus détendue, je pensais relâcher un peu la pression et faire des exercices de vocabulaire sur l’étymologie latine, les suffixes et les préfixes. Le cours réclamant moins d’attention de la part des élèves, je tolérais un vague fond sonore de chuchotements et de rires, le provoquant parfois moi-même… Ces deux-là n’ont jamais travaillé, ne réfléchissent pas et s’agitent à la moindre perturbation. L’un des deux, retourné, discutant, jouant avec des ciseaux, et prévenu plusieurs fois, se mit à faire trop de bruit. Je lui demande donc de bien vouloir sortir cinq minutes dans le couloir. Il sort, vexé. Deux minutes après, je le fais rentrer. Il se tient correctement cinq minutes puis recommence à bavarder bruyamment et à lancer une règle en métal qui résonne et m’interrompt. Je m’agace et lui prends son carnet, mets un mot et le punis : il faut recopier vingt fois le chapitre sur le comportement du règlement intérieur. Là, il marmonne dans sa barbe, je fais semblant de ne pas entendre, il traîne dans l’allée, met un temps fou à sortir. Je commence à bouillir, je vais vers lui et lui demande avec fermeté de se presser. Il part en claquant la porte et en hurlant un « fait chier » insolent. Je passe et je continue le cours.
Le second, qui est son copain, à l’autre extrémité de la classe, se tient comme un veau, la tête posée dans sa main, la moitié du tronc sur son bureau ; visiblement, sa sale note et sa position ne l’empêchent pas de parler avec ses camarades. Je m’agace, lui demande de se tenir correctement et de cesser de parler. Il fait mine de se redresser et se tait cinq minutes. Le temps de noter au tableau quelques mots, je l’entends bouger sa chaise. Je me retourne : il était debout sur sa chaise en train de faire rire ses petits copains. Le même film se reproduit : carnet de liaison, mot, punition et il sort. Péniblement, la sonnerie salvatrice résonne, et les deux zouaves rentrent. Le premier me montre sa punition, m’explique qu’il n’a pu recopier que sept fois le chapitre, je lui demande de terminer cette punition pour vendredi, que c’est la moindre des choses, qu’il faut savoir se tenir convenablement en classe, qu’il faut respecter les adultes et en particulier le professeur, etc. Il se vexe, m’arrache sa feuille des mains et la froisse pour la jeter sous mes yeux à la poubelle. Je ne veux pas me démonter et lui réplique qu’il faudra donc tout recommencer pour vendredi, que c’est dommage. « J’m’en fous, je ne le ferai pas. J’en ai marre… » Je fais l’erreur de relever cette phrase malheureuse qui aurait dû rester sans réponse et lui crie que je demanderai deux heures de colle : « donnez-moi votre carnet de liaison ! ». Trop tard, il prend son sac et s’en va, la foule des élèves m’empêche de passer. Il hurle : « vivement vendredi !».
Je n’oublie pas le second et veux voir sa punition. Il prend son air le plus débile possible et m’interroge : il ne savait pas qu’il devait faire une punition, il était resté dans le couloir, il n’est pas allé au bureau de la C.P.E faire sa punition, blablabla… Je demande donc de faire sa punition pour vendredi. Et là, il me regarde, demande pourquoi et crie à l’injustice et répète en criant : « je n’ai rien fait, je n’ai rien fait, je n’ai rien fait… ». Je le questionne pour savoir s’il se sent bien et me regarde avec un sourire narquois d’une insolence éhontée, à tel point que j’ai senti pour la première fois de ma courte carrière une impression physique très étrange. J’avais envie de le frapper. Je me voyais en train de lui taper la tête contre son bureau. Et pendant que j’imaginais cela, il continuait ses petits sourires narquois… Je capitule, j’arrache son carnet et je sors pour aller en salle des profs.

Je prends une chaise sur laquelle je m’écroule et je fonds en larmes.  C’est la première fois que je pleure, la première fois que ce métier me fait pleurer.
Je parle à une sympathique prof de français qui me soutient et me réconforte : je suis certainement fatiguée, je ne suis donc plus capable de prendre le recul nécessaire, j’ai besoin de repos... Je me calme et décide de rentrer.
 
En attendant le train sur le quai, un élève de cette classe, un troisième larron, foireux et mesquin, vient sur le quai d’en face me provoquer en faisant de larges sourires et me faire des petits signes de la main. Je soutiens son regard...
 
Vivement vendredi, 16h30.

 

Le règne de la gravéolence

La prof a craqué

J’ai très souvent entendu parler du « sacerdoce » du métier d’enseignant : le dévouement que ce « ministère » exige en est la raison. Ajourd’hui, j’ai craqué, j’ai pleuré. Le temps est long et les enfants sont survoltés. Deux élèves, auxquels j’avais rendu leurs copies (un zéro et un un sur vingt !), ont décidé de me le faire payer. Prévoyant la dernière heure de la journée plus détendue, je pensais relâcher un peu la pression et faire des exercices de vocabulaire sur l’étymologie latine, les suffixes et les préfixes. Le cours réclamant moins d’attention de la part des élèves, je tolérais un vague fond sonore de chuchotements et de rires, le provoquant parfois moi-même… Ces deux-là n’ont jamais travaillé, ne réfléchissent pas et s’agitent à la moindre perturbation. L’un des deux, retourné, discutant, jouant avec des ciseaux, et prévenu plusieurs fois, se mit à faire trop de bruit. Je lui demande donc de bien vouloir sortir cinq minutes dans le couloir. Il sort, vexé. Deux minutes après, je le fais rentrer. Il se tient correctement cinq minutes puis recommence à bavarder bruyamment et à lancer une règle en métal qui résonne et m’interrompt. Je m’agace et lui prends son carnet, mets un mot et le punis : il faut recopier vingt fois le chapitre sur le comportement du règlement intérieur. Là, il marmonne dans sa barbe, je fais semblant de ne pas entendre, il traîne dans l’allée, met un temps fou à sortir. Je commence à bouillir, je vais vers lui et lui demande avec fermeté de se presser. Il part en claquant la porte et en hurlant un « fait chier » insolent. Je passe et je continue le cours.
Le second, qui est son copain, à l’autre extrémité de la classe, se tient comme un veau, la tête posée dans sa main, la moitié du tronc sur son bureau ; visiblement, sa sale note et sa position ne l’empêchent pas de parler avec ses camarades. Je m’agace, lui demande de se tenir correctement et de cesser de parler. Il fait mine de se redresser et se tait cinq minutes. Le temps de noter au tableau quelques mots, je l’entends bouger sa chaise. Je me retourne : il était debout sur sa chaise en train de faire rire ses petits copains. Le même film se reproduit : carnet de liaison, mot, punition et il sort. Péniblement, la sonnerie salvatrice résonne, et les deux zouaves rentrent. Le premier me montre sa punition, m’explique qu’il n’a pu recopier que sept fois le chapitre, je lui demande de terminer cette punition pour vendredi, que c’est la moindre des choses, qu’il faut savoir se tenir convenablement en classe, qu’il faut respecter les adultes et en particulier le professeur, etc. Il se vexe, m’arrache sa feuille des mains et la froisse pour la jeter sous mes yeux à la poubelle. Je ne veux pas me démonter et lui réplique qu’il faudra donc tout recommencer pour vendredi, que c’est dommage. « J’m’en fous, je ne le ferai pas. J’en ai marre… » Je fais l’erreur de relever cette phrase malheureuse qui aurait dû rester sans réponse et lui crie que je demanderai deux heures de colle : « donnez-moi votre carnet de liaison ! ». Trop tard, il prend son sac et s’en va, la foule des élèves m’empêche de passer. Il hurle : « vivement vendredi !».
Je n’oublie pas le second et veux voir sa punition. Il prend son air le plus débile possible et m’interroge : il ne savait pas qu’il devait faire une punition, il était resté dans le couloir, il n’est pas allé au bureau de la C.P.E faire sa punition, blablabla… Je demande donc de faire sa punition pour vendredi. Et là, il me regarde, demande pourquoi et crie à l’injustice et répète en criant : « je n’ai rien fait, je n’ai rien fait, je n’ai rien fait… ». Je le questionne pour savoir s’il se sent bien et me regarde avec un sourire narquois d’une insolence éhontée, à tel point que j’ai senti pour la première fois de ma courte carrière une impression physique très étrange. J’avais envie de le frapper. Je me voyais en train de lui taper la tête contre son bureau. Et pendant que j’imaginais cela, il continuait ses petits sourires narquois… Je capitule, j’arrache son carnet et je sors pour aller en salle des profs.

Je prends une chaise sur laquelle je m’écroule et je fonds en larmes.  C’est la première fois que je pleure, la première fois que ce métier me fait pleurer.
Je parle à une sympathique prof de français qui me soutient et me réconforte : je suis certainement fatiguée, je ne suis donc plus capable de prendre le recul nécessaire, j’ai besoin de repos... Je me calme et décide de rentrer.
 
En attendant le train sur le quai, un élève de cette classe, un troisième larron, foireux et mesquin, vient sur le quai d’en face me provoquer en faisant de larges sourires et me faire des petits signes de la main. Je soutiens son regard...
 
Vivement vendredi, 16h30.