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04 mars 2007

L'attrition parfaite

L’altruisme morbide en général et en particulier.

L’altruisme morbide désigne une pathologie psychiatrique qui interdit à une personne de penser, de ressentir, de vivre par elle-même : elle dépend en effet d’une autre personne, souvent son conjoint ou sa conjointe, elle vit à travers cette autre personne et ne peut s’imaginer seule, assumant pleinement son autonomie. Cette maladie procède effectivement d’un effacement total de la personnalité au profit d’une dépendance complète de l’autre. Cette personne autre est volontairement sacrifiée sur l’autel de la disposition. C’est une simple hystérie, une névrose. A éviter.

Le dictionnaire courant nous explique que l’altruisme est une tendance à s’intéresser à la vie des autres, de manière bienveillante. Altruisme vient du latin alter, qui également donne en français moderne autre, autrui, alternatif, alterité, etc. Tout ce qui fait différence à soi-même, (est autre celui qui n'est pas moi) le second élément dans une énumération, autrui, tout ce qui n’est pas nous-même ou qui n’appartient pas à notre intériorité, notre communauté, etc, est autre ou à autrui. La philanthropie est souvent donnée en guise de synonyme, les nuances proposées insistent sur la générosité et l’extrême bienfaisance du philanthrope oeuvrant sans attente de retour pour le seul bien de l’humanité. Son antonyme direct est égoïsme (ou égotisme ou égocentrisme) qui rappelle que certaines personnes, à certains moments ne sont intéressées que par leurs propres intérêts, parfois au mépris d’autrui. A éviter.

Où en venir ? A Sartre et son « l’enfer c’est les autres » ? Non, l’altruisme n’est pas un humanisme. A Freud et la psychanalyse? Non : nous refusons l’arnaque de ces regrattiers décérébrés… Autrui influe sur nous, nous influons sur autrui. En se confrontant à autrui, j’aiguise ma propre opinion et devine et éprouve mes limites de tolérance. J’ai appris beaucoup d’autrui, j’ai appris à parler, à écouter, à partager, à deviner aussi parfois… Autrui m’enrichit, m’écoute, me parle, me devine aussi parfois…

C’est très bien tout ça mais la solitude m’appelle : mettons autrui de côté et cette désagréable maniaquerie qui veut le désigner avec une majuscule incongrue et ronflante : l'Autre

Trois engueulades nous ont emportées aujourd’hui, my love… C’est trop pour rien. Tu m'écorches.

Commentaires

Je me sens pas spécialement philanthrope, et pourtant j'aime lire autrui, en l'occurence ici, toi. Rien que pour les trois dernières phrases déchirantes.

Écrit par : L.Myster | 05 mars 2007

Tu sais comme nous partageons le même point de vue sur la différence entre altruisme et humanisme... En revanche cette note écrite sous l'effet de l'émotion me paraît discutable...
1- Vivre avec l'autre en bonne harmonie ne me paraît pas de l'altruisme morbide...2- tu conclus "tu m'as déchirée" et toi ?
3- Comme L Myster je constate : qu'est-ce qui nous pousse à sillonner la blogosphère ?

Écrit par : Rosa | 05 mars 2007

Je crois savoir que l'attrition qui se distingue du repentir d'une mamière assez subtile n'est peut-etre pas le mieux approprié à ton billet...

Écrit par : Rosa | 05 mars 2007

C'est une contrition imparfaite...

Écrit par : boulon | 05 mars 2007

Donc attrition parfaite signifie contrition ?

Écrit par : Rosa | 05 mars 2007

Oui Rosa mais pas exactement... En théologie, la contrition est fondée sur la crainte d'avoir offensé Dieu, l'attrition elle, est fondée sur la crainte des peines...

Écrit par : Boulon | 06 mars 2007

Il me semble d'ailleurs qu'un concile mais j'ai oublié lequel en avait longuement débattu... en tout cas l'Eglise en ce temps aurait tranché dans le sens de l'attrition dont l'aspect négatif serait la culpabilité qui s'est développée dans le catholicisme..; Je crois que Bernanos traite ce problème...

Écrit par : Rosa | 06 mars 2007

Et oui : j'adore Bernanos !

Écrit par : Boulon | 06 mars 2007

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