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04 mars 2007

Fière et sans reproche !

La culture de la mort.
 Nemini tamen nihil satis est.
 
Effrayant ! Il y a encore un siècle, n’importe quel étudiant présentant une thèse le faisait en latin : aujourd’hui écrire une simple citation latine sur un blog minable laisse accroire que vous êtes élitiste ! Est-ce une honte impardonnable de faire part de connaissances de toute façon obsolètes (obsolètes : j’espère que ce mot n’est pas trop compliqué, toutefois, je ne vois pas pourquoi j’utiliserais un mot différent si celui-ci désigne parfaitement ma pensée. Passons…) ?

J’ai fait du grec et du latin dès la quatrième et mes parents ne me l’ont absolument pas imposé : c’était une évidence, un choix naturel. J’ai grandi dans les livres, je n’avais pas le droit de regarder la télévision (lorsque mes parents ont décidé d’en acheter une) et encore moins des débilités. Très vite, j’ai appris qu’il fallait lire, se distinguer dans le bon sens. J’écoutais les conversations des grands, de mon père, mes oncles, mon grand-père… La culture, la connaissance : c’est la vraie liberté. Je ne manie pas non plus la férule, je n’ai jamais autant haï les pédants aux relents cyniques de mauvais aloi qu’à la Sorbonne. Toutefois, j’aime la faune curieuse et je méprise l’esprit corporatiste s’accrochant à ses pauvres petits idéaux avec un acharnement touchant.

Qui disait que les enseignants ne peuvent avoir que des bienfaits posthumes ? Bon sang, niveler par le bas c’est ôter tout dynamisme à n’importe quelle société.

Je n’aime pas la culture de la mort.

Abondance verbale et pauvreté des termes dans notre époque me font pleurer. Et je rejette l’intellectualisme. Ah ! L’esprit ne doit pas tuer l’âme, j’aime l’enthousiasme de mon métier, je le garde et il me préserve en échange du pessimisme sans limite de mes contemporains.

Où est passé le goût de l’effort ? Noyé certainement dans de sombres considérations sceptiques et douteuses pleines de venin. Tout cela est guindé et superficiel. Nous devons avant tout, enseignants, préparer les jeunes gens à devenir des femmes et des hommes capables de penser.

Je ne me sens pas en dehors de l’existence moderne parce qu’il n’y a plus d’esprit d’entr’aide et qu’elle tue un peu plus l’humanité... C'est pire ! J’ai connu les incertitudes douloureuses, les relâchements obscurs lors des longues et pénibles préparations d’examen, je me sentais sans force et là, le travail et l’effort dans leur pudeur m’ont permis de gagner. N’est-ce pas cela que je dois transmettre ? Le renouvellement dans l’effort et dans une certaine joie du travail accompli ?
Je n’aime pas les mandarins aux allures étriquées qui sont malheureux de vivre et débitent des monstruosités sur l’enseignement comme de vieux marchands sur une vieille marchandise. Certains révoltés soixante-huitards ont fait vaciller toutes les convictions fondatrices, aujourd’hui il n’en reste que la mort.


medium_mort.3.jpg

08:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

Commentaires

Je suis énervée...

Écrit par : Boulon | 04 mars 2007

Ah oui, je vois ça! ;-)
Tu sais, en écrivant ce blog, sans te cacher, sans les fameux euphémismes, tu t'exposes forcément à la critique. Et franchement, j'ai trouvé l'intervention de notre collègue (dommage qu'elle n'ait pas laissé l'adresse de son blog, sincèrement j'aurais aimé aller voir) pas si terrible que ça (bon, pas agréable pour toi, c'est vrai). Je me trompe peut-être, mais ce n'était pas fielleux. Aurait-elle pris autant de temps juste pour t'envoyer balader?
Enfin bon, c'est que mon avis hein!
Et surtout, une question me vient : mais comment fais-tu pour écrire si vite?!!
Le goût de l'effort n'explique pas tout! ;-)
PS : Comment, en une génération, ce goût de l'effort a-t-il pu disparaitre?...

Écrit par : L.Myster | 04 mars 2007

désolée de vous avoir piquée au vif Boulon, mon "long discours" n'était que mon avis personnel (et un constat) et non une condamnation absolue de vos propos (tant dans le fond que dans la forme)...au passage je reviens au vouvoiement puisqu'il semble que le tutoiement (pratique courante sur les blogs, et entre collègues dans la "vraie vie") vous ais un peu froissée...
Rassurez-vous Boulon, vos mots ne me semblent nullement compliqués, ayant moi aussi eu une formation "classique" et des parents prônant le goût de l'effort et me transmettant leur amour des livres (même si j'ai toujours eu le droit à la télé, ce qui ne me fait pas pour autant me sentir nulle ou médiocre!). Je vous trouve un peu sur la défensive, agressive même, ce qui est dommage, mais au fond vous regarde...L.Myster a raison pourtant, en écrivant sur la place publique on s'expose forcément à la critique (qui n'est pas toujours infondée d'ailleurs), si l'on n'accepte pas d'être remis en question, autant écrire pour soi sur les pages écornées d'un vieux cahier d'écolier alors!
Enfin merci à toi L.Myster pour ton objectivité, tu es décidément la voix de la sagesse!

Sur ce, je ne voudrais pas faire trop long (encore), aussi je vous souhaite à tous un bon dimanche!
Sans rancune j'espère Boulon.

PS: Qui donc a dit que j'avais un blog?

Écrit par : simpleprof | 04 mars 2007

désolée de vous avoir piquée au vif Boulon, mon "long discours" n'était que mon avis personnel (et un constat) et non une condamnation absolue de vos propos (tant dans le fond que dans la forme)...au passage je reviens au vouvoiement puisqu'il semble que le tutoiement (pratique courante sur les blogs, et entre collègues dans la "vraie vie") vous ais un peu froissée...
Rassurez-vous Boulon, vos mots ne me semblent nullement compliqués, ayant moi aussi eu une formation "classique" et des parents prônant le goût de l'effort et me transmettant leur amour des livres (même si j'ai toujours eu le droit à la télé, ce qui ne me fait pas pour autant me sentir nulle ou médiocre!). Je vous trouve un peu sur la défensive, agressive même, ce qui est dommage, mais au fond vous regarde...L.Myster a raison pourtant, en écrivant sur la place publique on s'expose forcément à la critique (qui n'est pas toujours infondée d'ailleurs), si l'on n'accepte pas d'être remis en question, autant écrire pour soi sur les pages écornées d'un vieux cahier d'écolier alors!
Enfin merci à toi L.Myster pour ton objectivité, tu es décidément la voix de la sagesse!

Sur ce, je ne voudrais pas faire trop long (encore), aussi je vous souhaite à tous un bon dimanche!
Sans rancune j'espère Boulon.

PS: Qui donc a dit que j'avais un blog?

Écrit par : simpleprof | 04 mars 2007

J'aime la critique et je refuse toute censure ici... Je m'enrichis par la critique ; toutefois, je ne comprends pas pourquoi être soit-disant élitiste est un crime...
Je ne comprends pas les discours d'une revue scientifique par exemple, vais-je écrire en précisant à leurs auteurs qu'ils sont élitistes et utilisent des mots trop compliqués pour moi ?
Quelle absurdité...

Écrit par : Boulon | 04 mars 2007

Pour mon agressivité, je ne qualifierais pas de la sorte une attitude à laquelle il faut s'attendre en lisant le titre du blog : "Enervements et invectives"... hihihi !

Écrit par : Boulon | 04 mars 2007

Chouette, je suis un sage!! :-)

Écrit par : L.Myster | 04 mars 2007

Cette fois je défends les soixante-huitards car j'en suis une
68 et une culture de mort le raccourci est difficile a accepté même si je suis très lucide sur les dérives...
Il fallait voir comment était la société AVANT 68 coincée, odieuse et pas forcément d'un niveau culturel plus élevé
J'étais dans un lycée de bonnes soeurs où je n'avais pas le droit de lire Zola : interdit
J'ai d'ailleurs toujours eu une passion pour cet écrivain que j'ai découvert à la lumière d'une lampe de poche sous les draps...
Qu'en dites-vous jeunes gens ?
On n'a pas eu raison en 68 ?

Écrit par : Rosa | 04 mars 2007

Rosa, j'ai écrit :"certains révoltés soixante-huitards" ! Encore heureux qu'il y a un côté sympathique dans cette révolution. Mais je rejette complètement cette phrase ahurissante :" il est interdit d'interdire" ! C'est peut-être ce qui me révolte le plus car tout le monde sait depuis Homère que sans interdit, il n'y a plus d'humanité ! il ne reste que des animaux...
Mais alors Rosa en 68, raconte-nous, tu as fumé de la drogue avec tes copains hippies en écoutant un 33 tours de Janis Joplin ??? On veut des détails !

Écrit par : Boulon | 04 mars 2007

Tous les lycéens qui ont pu suivre suivre un enseigenement du LATIN ont eu beaucoup de chance.
J'ai fait parti de ces privilégiés au début des années 50.
Nous apprenions par coeur des dizaines de vers d'OVIDE, de VIRGILE ou des textes de CICERON.
La discipline régnait alors dans les classes, aucun bruit, aucun murmure et des enseignants dépositaires de l'autorité dont ils étaient dépositaires en raison non seulement de leur rang (reconnu de tous les élèves) mais de leur savoir.
L'abandon de cette discipline et du Grec est une honte, c'est priver des générations de l'accés à notre culture Européenne. (je ne suis pas litteraire Bac MATH ELEM et cursus d'ingénieur) mais l'ouverture d'esprit et la méthodologie enseignées par le dévouement et la passion de nos professeurs nous a suivi toute notre existence.

Écrit par : gilles | 07 mars 2007

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