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02 mars 2007

Le chapelet de la déliquescence

Fui, non sum, non curo.

Le plaisir avant toute chose.

Je distingue deux sortes de plaisirs : le plaisir enthousiasmant du travail, de la bonne société, et le plaisir funeste de la culture du  « moi-je » et du « tout est permis ».
A l’école, il faut favoriser l’expression personnelle de chaque élève et lui permettre de s’affirmer ; en contrepartie il sera judicieux de ne pas trop user des punitions et encore moins d’essayer d’appeler le spectre d’une quelconconque forme d’autorité.
Le plaisir est une culture, la seule qui intéresse les foules, le nouvel horizon indépassable véhiculé et prôné par l’école, au détriment de la connaissance et du savoir. Les marchands de plaisir ne manquent pas. La maison le démontre.

L’enfant se lève, il pleure, il gémit, il exige et est très soigneusement installé dans le canapé, entre un oreiller et une couette. La télévision s’allume immédiatement et vomit déjà ses images horribles et son bruit heurtant qui violent ma paix et mettent un terme à toute volonté de politesse. Deux minutes plus tard, l’enfant allongé est servi d’un petit déjeuner, à base de céréales ultra sucrées dont la publicité martèle ses bienfaits aux heures des dessins animés monstrueux pour enfants décapités. Ce premier et modeste repas de la journée doit être goûté, apprécié et à bonne température. Si maladroitement vous ne satisfaites pas les goûts de l’enfant, le crime est commis et les pleurs commencent : la journée commence mal. Plus tard, une fois que l’enfant est resté suffisamment longtemps devant l’écran géant, il referme la bouche et semble donner un signe de vie : il pousse un cri ou se lève. Je tente une question qui me vaut une volée de gémissements désagréables irritant ma maigre patience : je contiens l’énervement. La mère arrive et me demande de m’écarter : l’enfant obtient très bien ce qu’il voulait. L’enfant ne veut pas aller au bain, il préfère s’amuser : « d’accord, mais cinq minutes ! » : j’enrage !

Une heure après, je lance un « Au bain ! » stérile : l’enfant ne veut pas, je m’énerve, je l’attrape, les cris et les pleurs doublent de volume ! La mère arrive de nouveau et m’accuse de « violence » : l’enfant comédien a mal au bras !
Si l’enfant veut bien sortir du bain et s’habiller sans histoire, il se montre et exprime son envie de voir un dessin animé… Tentons de le rendre intelligent : « prends des crayons, des feuilles et tes mains et dessine ! ». Inutile : cela ennuie l’enfant qui préfère jouer à se maquiller, se coiffer et trouve ennuyeux de dessiner. La mère arrive : qu’ai-je fait ? il ne faut pas contraindre un enfant, il ne faut pas le traumatiser.

Cette mère d’enfant unique prétend qu’un enfant ne doit jamais s’ennuyer.

Je m’incline, je cède, je pars : cet enfant n’est pas le mien et aucun rapport d’autorité ne peut légitimement s’installer et l’autorité est un mot horrible ! On me dit fasciste.

Et cette culture morbide du plaisir égoïste commence déjà dans la famille, dès l’enfance.

Commentaires

Je me suis beaucoup "ennuyé" quand j'étais gamin, j'ai adoré cela. Je me suis créé des mondes, j'ai joué à tout à partir de rien, et cela m'a permis de prendre le temps d'adorer la lecture..

Écrit par : L.Myster | 03 mars 2007

Solution: torture psychologique de l'enfant. (Moi sadique ? un brin peut etre...)

Écrit par : J. | 03 mars 2007

Tiens donc...

Écrit par : Boulon | 03 mars 2007

Bon, je me limiterais a la manipulation psychologique...
Il faut etre patiente, observatrice et perseverante.
L'enfant sera le premier a ceder.
De longs mois de travail acharnés,tu veras, ca se transformera vite en un jeu et l'observation de l'enfant sera tres amusante.
Labor omnia vinci improbus...

Écrit par : J. | 03 mars 2007

Bon, je me limiterais a la manipulation psychologique...
Il faut etre patiente, observatrice et perseverante.
L'enfant sera le premier a ceder.
De longs mois de travail acharnés,tu veras, ca se transformera vite en un jeu et l'observation de l'enfant sera tres amusante.
Labor omnia vinci improbus...

Écrit par : J. | 03 mars 2007

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