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25 février 2007

Distinction honorifique

Les vacances

Hier, à 16h30 a retenti la sonnerie espérée et émancipatrice. Les enfants ont hurlé et j’ai levé les bras au ciel. Enfin, les vacances et leur vacuité, le repos et ses rêveries, les flâneries et les mains dans les poches vont m’apporter les paisibles joies enfantines de l’ennui. J’ai été gâtée (comme les fruits ?) vendredi. Il paraît que certains élèves m’ont vue pleurer mardi dernier et la nouvelle s’est répandue parmi les quatrièmes et certainement dans le reste du collège. J’avais pris des mesures sévères que Dracon n’aurait pas mésestimées afin d'avoir la paix : j’ai décidé d’exclure les deux larrons de mardi des trois heures de cours que j’ai avec cette classe le vendredi. La punition la plus ingrate et ennuyeuse que j’ai trouvée en petit cadeau empoisonné consistait à recopier les pages de leçon de grammaire du livre (chapitre sur les subordonnées)… pendant trois heures ! Ni la C.P.E ni les collègues ne se sont opposés et beaucoup ont même été à me soutenir. J’ai été très contente du petit scenario que j’avais concocté depuis la veille : j’entrais dans la classe à neuf heures trente après le cours de maths, dans un silence pratiquement religieux, les élèves avaient tous les yeux grand ouverts et attendaient que j’arrive au bureau. Je sentais mon visage complètement fermé et évitais soigneusement de croiser le regard de mes deux cowboys de pacotille. J’attendis le silence total et fis l’appel, je lançai le fameux : « Bonjour ! Asseyez-vous ! ». Et à ce moment précis, quelqu’un frappe à la porte, le surveillant (un vrai dur qui prépare l’iufm !) entre, les élèves sont très étonnés, et il appelle les deux crapauds : « … Prenez un stylo et le livre de grammaire ! Vous venez avec moi… » Il n’y a même pas eu de « pourquoi ? » ou de « qu’est-ce que j’ai fait ? ». Ils sont sortis, un des deux s’est retourné vers moi avec son petit sourire narquois qui ne m’a pas ébranlée dans ma détermination. L’autre, que j’ai pourtant poussé à travailler et toujours voulu motiver et sur lequel je me suis particulièrement penchée avait l’air sincèrement désolé. Je l’ai compris plus tard lorsqu’il est venu me dire au revoir dans la cour à la fin de la journée : je n’ai pu m’empêcher de faire un large sourire, sincère : je me sentais juste.

Et voilà ! Le soulagement et le petit plaisir mesquin que j’ai ressentis à cet instant m’ont redonné du courage. Le cours a pu commencer et la classe, impressionnée, n’a posé aucun problème d’agitation. L’autre classe, idem mais un élève seulement a été exclu : un petit tyran pénible et qui a mauvais fond, même sa classe a du mal à le supporter (il a été exclu une journée prévue à la rentrée). Cette autre classe m’avait réservé une petite surprise très émouvante. En entrant une classe chaque élève avait le sourire et je sentais que quelque chose se complotait. En effet, après l’appel, un élève vient vers moi avec un petit cadeau : surprenant ! Puis un autre avec un bouquet de roses jaunes (se faire pardonner) vient vers moi. Encore une autre avec une carte, et enfin une dernière avec une lettre. J’étais très étonnée mais contente. Tous m’avaient écrit un petit mot qui en substance dit : « vous êtes dure avec nous, nous sommes durs avec vous mais vous nous apprenez plein de choses et on vous adore… ». Le petit cadeau était en fait un « diplôme de la meilleure prof » sous verre fait par un jeune sympathique et très fier de lui… J’ai été touchée comme jamais et je ne m’y attendais pas du tout ; j’étais persuadée d’avoir une réputation de « peau de vache » indigeste…Que dire de plus ?

« Au fond, ils ne sont pas si méchants ! » me dit ma collègue prof d’histoire...

 

08:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

Commentaires

Exact, plus-que-parfait, autant pour moi. Je ne vous tiens pas rigueur pour vos fautes, mais pour votre billet agressif et méprisant par rapport aux enseignants du primaire.
D'ailleurs à lire le mépris que vous affichez également pour vos élèves dans d'autres billets, je m'étonne un peu que vous ayez choisi le professorat ?
N'est-ce pas un peu médiocre, comme situation, pour Votre Grandeur ?

Écrit par : mathuzalette | 25 février 2007

...c'est ce que je croyais mais les enfants ont l'air d'apprécier ma façon d'enseigner... à méditer ! Et je n'ai pas de mépris pour les enseignants du primaire : je me demande d'où viennent les problèmes ... Compris ?

Écrit par : Boulon | 25 février 2007

amusant ce bas esprit revanchard... mais je ne suis définitivement pas agressive et me désole de vous voir l'interpréter ainsi...

Écrit par : Boulon | 25 février 2007

Il faut assumer vos propos. C'est bien vous qui avez écrit ceci :
"je pense que cela vient du primaire, car tous les profs de français en collège que je connais sont aussi affligés que moi. Il y a un moment dans l’enseignement de la grammaire et de l’orthographe dans les classes de primaire où la vigilance des instituteurs doit diminuer. Visiblement, l’exigence n’est plus la même et la médiocrité est considérée comme excellence."
Je maintiens que c'est une atteinte à la dignité des enseignants de primaire, une preuve de mépris et d'agressivité à leur égard. Vous ne cherchez rien du tout, vous désignez à la vindicte bloguesque les responsables de la mauvaise orthographe de vos élèves.
"la médiocrité est considérée comme excellence". Ce n'est ni hautain, ni méprisant, ni condescendant ? Faut-il le prendre comme un compliment ?
Sur ce je vous fais mes adieux, je ne pense pas revenir ici. J'ai peur de ne pas être à votre altitude effectivement. J'aime pas qu'on me marche sur les pieds ni qu'on aille à mes choux. Entre nous, ce n'est pas en désignant des coupables que vous ferez avancer le schmilblick.
Pour schimiliblic, chuis pas sûre de l'orthographe.

Écrit par : mathuzalette | 25 février 2007

plus facile de partir en jouant la colombe blessée que de donner des arguments solides... Dommage !

Écrit par : Boulon | 25 février 2007

Sans vouloir prendre partie, c'est ma prof de 3° qui m'a dit qu'il n'y avait pas de "s" a "ai" (ex: j'ai) et je n'ai appris que en 1° la "technique" pour savoir si on met un "s" a "leur"...

Écrit par : J. | 25 février 2007

Pour repondre a ta question, je suis en Term ES (dois je preciser "sans redoublement" ?).
(passage censuré...) (si tu as toujours envie de partager des texes).
PS : si tu pouvais supprimer ce commentaire, parce que piratage adresse e-mail blablabla. Merci.

Écrit par : J. | 25 février 2007

Nia nia nia :D

Écrit par : J. | 25 février 2007

Je trouve assez mesquin ce relevé de fautes, d'autant que nul n'est à l'abri...
Quant au billet concernant l'attaque contre l'école primaire je n'ai pas eu l'occasion de le lire...Mais il me semble qu'on peut critiquer sans mépriser...
Moi aussi je pense que l'enseignement en école primaire gagnerait à revenir à des fondamentaux...

Écrit par : Rosa | 25 février 2007

J'oubliais l'essentiel : bonnes vacances...

Écrit par : Rosa | 25 février 2007

Ben dis donc, ça balance! Ah cette gueguerre entre profs des écoles et profs des collèges! Je crois également que le programme en primaire délaisse les fondamentaux, et que nous en souffrons en collège. Tout comme les profs de lycée souffrent des élèves que nous n'avons pas le choix de laisser partir en seconde.
Je suis trentenaire, quand je suis arrivé en 6è, je savais toutes mes régles d'accords sur le bout des doigts, comme tous les temps de tous les modes. Du pain bénit pour les profs de français! Mais je n'avais pas touché à un ordinateur, je n'avais pas fait une heure d'anglais ou de sport, je n'avais pas lu le moindre livre en lecture cursive...
Beaucoup "d'instits" font du très bon boulot à l'intérieur de leur programme, mais pas tous, c'est vrai. Et tous les profs ne sont pas bons non plus.
Et voilà voilà, ce que je dis n'a aucun intérêt, tant pis! Sinon, je souhaite de bonnes vacances à ceux qui ont la chance d'y être. Et pardonnez mes fautes!

Écrit par : L.Myster | 26 février 2007

Je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule à être victime de commentaires qui visent à nous ridiculiser. Dès mon premier article, des personnes se sont permis de relever les fautes et d'en conclure que je ne méritais pas d'être prof de lettres. A mon avis, ce sont des personnes stupides qui ont gardé de mauvais souvenirs de leurs profs de lettres.

Écrit par : Léa | 26 février 2007

A quel endroit de l'article est-on censé voir de la haine envers les professeurs des écoles ?!

Je n'ai pas dû lire le même article que mathuzalette.

Écrit par : Léa | 26 février 2007

Tout à fait d'accord avec vous Léa
Haut les coeurs jeunes profs
Ne vous laissez pas impressionner !

Écrit par : Rosa | 26 février 2007

== «Je trouve assez mesquin ce relevé de fautes, d'autant que nul n'est à l'abri...»

Amusant. Donc tous les profs de français qui relèvent les fautes de leurs élèves sont des mesquins ? des tortionnaires, voire des bourreaux d'enfants ?

Pour ma part, je trouve choquant qu'on ait pu relever autant de fautes (dues à la négligence, j'espère) chez un professeur.
Les signaler est une bonne chose, les voir corriger par l'auteur aussi.

Écrit par : L'homme sans chapeau | 17 juin 2016

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