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22 février 2007

Prof de français

Livraison fervide
 
« Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. » (Beaumarchais). Et ce n’est pas tout encore. Il y a tant de choix, de décisions à prendre, difficiles toujours. Si j’écris là, c’est afin de me reposer de mes sentiments et de mes émotions. Jusqu’à l’année dernière j’utilisais encore des petits agenda avec une page par jour (c’est un excellent exercice : peu importe l’intensité de la journée, le nombre de lignes est limité.) J’en ai une pile poussérieuse que je ne déplace jamais : j’attends.
Je m’aperçois que la décision d’enseigner est venue tard ; je voulais devenir « artiste » ou « médecin » (la tendance familiale). Mon grand-père, peu avant de mourir, me conseillait fortement de devenir institutrice comme l’une de mes tantes et ma grand-tante. Je me souviens parfaitement de ma réaction à cet instant : un haussement d’épaules intérieur : jamais de la vie et pour rien au monde j’exercerai un métier pareil.
Et puis à la fac (je ne voulais pas faire prépa : mon côté un peu fainéant ne me disposant pas à la masse de travail exigée dans ces classes), je me suis vite aperçue que les Lettres Classiques n’offrent pas de vastes horizons. La lumière me guidait vers l’édition, la publicité ou la pige. J’ai tenté les trois mondes et j’ai détesté la faune désepérée et intrigante qu’on  y rencontre. Je n’ai guère le goût des contraintes et encore moins celui des muselières.
J’avais besoin de ces courtes expériences ataxiques après toutes les interrogations désordonnées qui m’ont hantée. Naturellement, je me suis retournée vers les uniques connaissances que je savais à peu près maîtriser: la lecture solitaire et la grammaire parfois inattendue mais toujours géniale. J’ai eu envie de partager, de transmettre ma passion, mon émerveillement, et toutes les émotions que j’eus à chaque nouvelle découverte ! On se souvient toujours d’un ou d’une professeur qui a su nous inoculer l’intérêt, nous transfuser l’envie d’approfondir un sujet et la curiosité pour tel ou tel domaine de connaissances. J’avais l’impression d’avoir fait « mes humanités » et qu’à présent, en retour, je devais en transmettre avec la meilleure ardeur toutes les ressources, ou plutôt le plus grand nombre possible. Répandre l'instruction comme une semence bénéfique.
 
La première fois que je suis entrée dans une salle de classe avec les trente monstres derrière moi qui frétillaient et murmuraient dans mon dos, j’étais malade, littéralement. Je fis l’appel en tremblant : j’étais impressionnée. Il fallut commencer le cours (un remplacement de congé maternité), j’avais le cerveau vidé : le néant cosmique. Et puis, de l’estrade, je les ai regardés, j’ai vu leurs regards, leur attente, j’ai compris ce que je devais faire, j’ai respiré un grand coup et j’ai foncé. Tout est venu très naturellement. J’avais raffolé de ces deux heures de cours, dévoré leurs questions, je me complaisais dans les explications, les éclaircissements et les digressions. J'ai depuis l'amour de la préparation des cours, des lectures, du suivi des élèves, de l'enrichissement permanent qu'offre ce métier.

Il n’y a plus que cela qui m’intéresse aujourd’hui. Je veux enseigner… le plus longtemps possible.

Commentaires

Je,enfin, j'ai un peu de mal a m'exprimer. La hantise de paraitre stupide face a une prof de francais sans doute...

Bref, je suis assiduement votre "blog",plutôt ton journal intime. Je ne sais pas,mais t'as maniere d'ecrire ou ton aisance a manipuler les mots me fascine.

Et je n'arrive pas a comprendre, quelle est la reelle motivation qui te guide ? Est ce enseigné un technique a des enfants, ou est ce l'amour de la litterature et le besoin de le partager au plus grand nombre ?

(PS :Si tu as envie de faire decouvrir des auteurs et de faire comprendre les plus beaux vers a une jeune fille en manque de poésie, ce serais avec plaisir)

Écrit par : J. | 22 février 2007

Tu t'exprimes bien.
Je ne pense pas savoir "manipuler les mots" comme tu le dis, toutefois j'adorerais savoir plier la réalité à ma prose ! Seulement, pour y arriver, il faut travailler et je suis trop fainéante pour cela, je l'ai dit. De plus, il faut être sûr de soi au-delà des limites humaines communes. Ecrire c'est mettre son estomac dans chaque phrase, sinon c'est de la soupe. C'est pour ça que le blog convient très bien à mon peu d'ambition...

Ce que j'aime dans l'enseignement finalement c'est l'amour de la littérature qui peut passer par les facilités de compréhension qu'offre la grammaire.

Si tu es curieuse, je peux te faire part des textes que j'aime (prose, poésie, théâtre, essais...) avec un immense plaisir.

Écrit par : Boulon | 22 février 2007

J'ai toujours voulu être prof (marqué oui, par certains profs), et j'ai bien failli ne jamais le devenir. L'Iufm m'en a dégoûté, je n'imaginais pas du tout devenir prof comme on me le demandait. Je suis donc parti, j'ai fait d'autres petites choses, avant finalement d'y revenir par la petite porte, et dans une matière qui n'était pas la mienne au départ.

Et il m'arrive même maintenant de faire quelques piges pour l'Iufm!

PS : tu es aussi en "liens".

Écrit par : L.Myster | 23 février 2007

Peu d'ambition ? C'est presque paradoxal, tu oses pourtant livrer le moindre sentiment qui te tourmente. Je considere cela beaucoup plus ambitieux que l'ecriture d'un roman fiction. Essayer d'etre honnet envers soi meme.
Non, ce projet est ambitieux, il ne resultera pas forcement un chef d'oeuvre interciderale, seulement tu as l'audace de defier la critique.

Écrit par : J. | 23 février 2007

J'ai fait toute une carrière de prof sans être passée pat l'IUFM ou tout autre établissement de ce genre et franchement ça ne m'a pas manqué...Au contraire
Garde ta passion...

Écrit par : Rosa | 25 février 2007

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