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19 février 2007

Foirade érubescente

Une journée terminée.

Une de plus, bientôt la fin : encore quelques heures de cours, quelques copies à corriger et le rythme se brisera pour quelques jours. Quelques de jours de répit mérités, je reprendrai ensuite mon cartable plein à craquer, et tous les matins j’irai à l’école.
Le week-end pluvieux m’a presque permis d’oublier mes crapoussins : je m’imaginais déjà en vacances.
Je n’ai rien fait de particulier aujourd’hui. Le niveau de grammaire est vraiment faible : cela me rend imbécile et affolée.

Ils ignorent pour la plupart les fonctions grammaticales et les confondent avec les natures, ils ne savent pas faire une analyse logique simple du genre sujet-verbe-complément d’objet-complément circonstanciel. Une nette majorité des élèves n’ont absolument pas acquis les réflexes d’accord. Même si l’orthographe se fixe normalement à la fin de l’adolescence, beaucoup des jeunes qui arrivent sur la marché du travail ont et auront une orthographe amputée, à vie !  Exemples de phrases lues dans des rédactions d’élèves qui ont un niveau moyen : « il regrettai », « ils se battères », « il finirai ses etude de droit ». Tous ces exemples sont vrais : j’ai les copies sous les yeux et aucun de leurs auteurs n'est dyslexique ni étranger. C’est une classe de quatrième considérée comme « bonne » dans l’établissement. Tous ces élèves passeront en troisième, ils obtiendront leur brevet malgré des lacunes profondes et une absence totale de réflexes orthographiques, en ignorant les règles de grammaire les plus basiques.

D’où vient le problème ? La dyslexie n’explique pas tout : je pense que cela vient du primaire, car tous les profs de français en collège que je connais sont aussi affligés que moi. Il y a un moment dans l’enseignement de la grammaire et de l’orthographe dans les classes de primaire où la vigilance des instituteurs doit diminuer. Visiblement, l’exigence n’est plus la même et la médiocrité est considérée comme excellence. On prépare une génération cadavérique, en putréfaction et privée de la vue, ignorant sa propre détresse. Tous ces jeunes sont des décapités qui vivront dans un monde stérilisé, et ils ne le sauront même pas. Les âmes seront myopes et les esprits liquides iront s’abreuver aux mamelles de la Bêtise.

Ce soir, j’ai la rage de voir que nous privons toute une jeunesse des moyens de s’exprimer, de la même manière qu’on muselle un chien misérable.

20:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Bonjour. Venant de créer un blog il y a quelques jours, je navigue sur la toile à la recherhce de bonnes idées, et j'ai aimé votre façon d'écrire. Et oui, restons malgré tout exigeant...
Quant au grand rabbin, je ne pense pas qu'il ait raison non!
Amicalement.
Lhoren

Écrit par : Lhoren | 20 février 2007

Et ça continue au lycée...

Écrit par : Léa | 20 février 2007

Les enseignants de primaire vous remercient.

Écrit par : mathuzalette | 24 février 2007

Il ne faut pas être vexée mais je voudrais bien qu'on m'explique d'où viennent les lacunes des élèves qui n'ont absolument aucun réflexe d'accord !

Écrit par : Boulon | 25 février 2007

Les lacunes sont là en sortant du primaire, c'est sûr mais ce n'est en rien la faute des collègues du primaire.
Le doublement d'une classe est -parait-il - quelque chose d'inutile et aujourd'hui, plus un gamin est en difficulté, plus il est terrible, plus il est assuré de passer au plus vite dans la classe supérieure !
"Oh, vous savez, le doublement ne lui serait pas profitable...."
Le système est devenu la prime au manque de courage et ça continue au collège.
Nos anciens n'etaient pas idiots et l'examen d'entrée en sixième etait bien utile.
On pose ici le problème du collège pour tous - c'est une hérésie !

Écrit par : Paul | 26 février 2007

Les commentaires sont fermés.