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15 février 2007

L'abomination de la désolation

Aujourd’hui, c’est mon jour de repos. Pas une heure de cours. Pas de réveil à cinq heures du matin, pas besoin de se presser pour prendre le train (qui est supprimé une fois sur deux ou en retard une fois sur trois…), inutile de s’égosiller devant une classe de trente élèves qui gesticulent, s’agitent, chuchotent, ricanent, papotent, s’énervent, ne comprennent rien. J’ai quatre paquets de rédactions à corriger : j’ai dû en corriger une dizaine sur un paquet.
Je souffre quand je vois que ces enfants n’ont pas les réflexes d’accord, ne savent pas conjuguer au présent le verbe chanter (je ne parlerai pas du passé simple), n’ont pas l’idée d’aller ouvrir un dictionnaire pour vérifier une orthographe, ne savent pas du tout présenter une copie proprement.
Depuis presque trois semaines, je fais travailler mes classes de quatrième sur les subordonnées : rien ne se passe à part peut-être un ou deux élèves qui réfléchissent un minimum et ont retenu qu’une relative est introduite par un pronom relatif, une complétive par une conjonction : s’ils retiennent « de subordination » c’est le bout du monde ! Comment est-il possible de ne pas entendre et retenir ce que je répète dix fois par cours et ce que je m’épuise à écrire au tableau ? J’ai préparé une évaluation d’une heure pour demain : je m’inquiète. Auront-ils travaillé ?
Je les aime bien ces petits. Quand je les regarde évoluer entre eux, quand ils me disent « Bonjour Madame » (oui, j’ai du râler plusieurs fois pour qu’ils me disent bonjour lorsque je rentre dans leur salle !), lorsqu’une main se lève pour dire « je n’ai pas compris », lorsqu’ils viennent inlassablement négocier une note, grapiller un demi-point, lorsqu’ils crient à l’injustice de se voir prendre leur carnet de liaison, etc. , je les aime. Je ne peux pas m’empêcher de me revoir à leur âge, à la différence que je garde des souvenirs d’assez bonne élève ayant des facilités. Je me souviens des crises de rire avec mes voisines en classe, à rire comme une folle derrière mon livre ou mon classeur. Tant de bons souvenirs que je ne leur en veux pas. Mais le prof’, c’est l’image de l’autorité, le référent, un peu le parent, parfois le confident involontaire (j’ai compris que certains sujets de rédaction étaient à éviter…)Demain, j’ai trois heures de cours avec une même classe et deux avec une autre. C’est la journée la plus difficile peut-être de ma semaine. Surtout les deux dernières heures, de 14h30 à 16h30 : les enfants sont fatigués et les vacances n’arrivent que vendredi prochain.
Ma copine devient de plus en plus distante : j’ai peur. Elle non plus alors, je n’arrive pas à l’intéresser ?
Je n’en peux plus non plus.

18:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Soyez confiante... En fait dans ce billet vous cernez parfaitement toute l'ambivalence du métier de prof
D'un côté le découragement pour leur peu de goût pour l'apprentissage mais en même temps cette confiance qu'ils mettent en nous car nous ne sommes pas là que pour les gaver de connaissances et, si je peux me permettre, évitez le rabâchage : c'est inefficace...
Moi j'ai la nostalgie des bons moments que vous évoquez : le reste je l'ai oublié...

Écrit par : Rosa | 15 février 2007

Mais putain je t'aime !!!!!!!!


V.

Écrit par : Venus | 18 février 2007

Essaie de te mettre dans la peau d'une ancienne mauvaise élève, ce que j'étais...Tu verras, tu trouveras des trucs qui marchent. Surtout ne te décourage pas, les débuts sont souvent difficile. Après mon premier cours, je suis rentrés en marmes, me disant que je n'étais pas faite pour ce métier. J'ai eu d'autres moments comme ça. Si ils sentent que tu les aime, c'est déjà en grande partie gagné. Confiance, et ne te laisse pas avoir par les discours des vieux, aigris, désabusés et défaitistes.
Et puis, elle t'aime....

Écrit par : mot a mot | 18 février 2007

Les commentaires sont fermés.